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Abdoulaye Diallo

Photographié au stade national où il a été blessé par balles par les forces de sécurité le 28 septembre 2009.


« Je suis une victime des autorités guinéennes. Le matin du 28 septembre, la police m’a tiré dans l’estomac. La balle est toujours là. Quelquefois je la sens qui me brûle. Je ne supporte plus la chaleur. Je veux qu’ils arrêtent les coupables. »

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Mamadou Saliou Diallo

Photographié à la sortie du stade où il a été presque piétiné à mort pendant le massacre du 28 septembre 2009.


« J’étais dans les tribunes quand ils ont commencé à tirer. Quand la personne qui était en face de moi a été touchée d’une balle à l’épaule j’ai compris qu’ils tiraient à balles réelles. On m’a frappé à la tête et quelqu’un m’a poignardé le pied. Ensuite, près de l’entrée, je suis tombé sur un cadavre et j’ai été piétiné par la foule. Je pouvais entendre les tirs au-dessus de moi, puis je me suis évanoui. Médecins Sans Frontières m’a emmené à la morgue, pensant que j’étais mort, mais j’ai vomi du sang à l’entrée de la morgue. Ils m’ont alors conduit en urgence à l’hôpital. Je ne sens plus mon pied droit et j’ai des douleurs au dos. Je ne suis plus moi-même. J’ai toujours des douleurs. Quelquefois, j’ai l’impression d’être fou. J’espère que Dieu nous aidera à trouver la justice. »

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Moussa Mara

Photographié près du caniveau où les forces de sécurité lui ont tiré dessus le 22 janvier 2007.


« Je me tenais devant mon magasin, un magasin de motos, avec deux amis, quand j’ai entendu dire que des militaires avaient tiré sur une personne à Madina. Je suis allé voir ce qui se passait. J’ai aidé la Croix Rouge à transporter le blessé dans une voiture. Il y avait beaucoup de tirs. Je me suis protégé dans un fossé et j’ai tenté de me faufiler jusqu’à chez moi. Mais j’ai senti une douleur à ma jambe droite et j’ai compris que j’avais été blessé.

Des gens m’ont chargé dans une charrette de fortune et m’ont emmené à l’hôpital de Donka. Il y avait beaucoup de tirs à l’hôpital mais les militaires ont fini par partir. Maintenant, si je marche trop j’ai des douleurs et je ne peux pas marcher normalement. J’ai été choqué. À présent, j’espère simplement que justice soit faite. »

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Thierno Ousmane Diallo

Photographié à l’endroit où il a été arrêté par la police avant d’être torturé, le 23 octobre 2010.


« Il y avait un client dans mon magasin quand j’ai entendu les militaires frapper à la porte de mon voisin. Les gens ont commencé à courir. J’ai couru aussi mais un policier a crié « Si tu bouges, je tire ! ». Il m’a frappé avec la crosse de son fusil. Un autre militaire a pris tout ce qu’il y avait dans mes poches. Ils m’ont menotté dans le camion et m’ont envoyé à la gendarmerie de Hamdallaye. Ils nous ont déshabillés et nous ont frappés pendant 10 minutes. Deux personnes me tenaient les mains et deux autres les pieds. J’avais le visage contre une table. Tout cela s’est fait en présence du gouverneur. Ensuite, ils nous ont frappés de 100 coups de bâton. Nous pensions que c’en était fini de nous. J’ai été frappé à l’oeil et je ne peux plus voir de cet oeil. Je suis stérile maintenant, et j’ai des douleurs à l’aine. Quand je vois un soldat, tout ce que je veux c’est me venger. Mais j’ai conscience que je suis impuissant. »

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Aissata Barry

Photographiée dans les gradins du stade national où elle a été violée par les militaires le 28 septembre 2009.


« J’étais retenue dans le stade et j’ai été violée ici, dans les gradins. Ils m’ont frappée à la tête et j’ai perdu connaissance. Quand je suis revenue à moi, j’ai vu un soldat devant moi qui m’a aidée à remettre mes vêtements.

Il a dit qu’il allait s’occuper de moi, mais un autre soldat est arrivé et m’a ordonné de rire pendant qu’il tirait sur trois hommes. Ensuite, il m’a fait traîner des corps près des portes du stade. Un autre soldat jouait de la musique et forçait des gens à danser nus. J’ai contracté le VIH. Depuis ce jour, je suis tout le temps malade, même si à présent je suis un traitement. Je pense à ce jour-là tout le temps. Je pense que ces gens doivent comparaître devant la justice. »

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Capitaine Oussou Keita

Photographié à la maison où la police est venue l’arrêter en 1985 avant de le torturer et de le mettre en prison.


« J’ai été arrêté le 6 juillet 1985. J’étais en train de regarder la télévision quand la tentative de coup d’État a commencée. Ils m’ont accusé d’y avoir participé. Au camp, j’étais interrogé de 1h du matin jusqu’à 5h du matin tous les jours. Ils mettaient des pneus autour de nos cous et nous frappaient. Ils nous électrocutaient. C’était difficile de garder espoir. Des fois, ils emmenaient un groupe de personnes à l’extérieur et on entendait des coups de feu. Ils torturaient des gens devant nous. Les gens qui nous ont torturés étaient aussi ceux qui étaient au pouvoir. Quand j’ai été libéré, nous avons dû aller vivre dans un village, avec interdiction de venir à Conakry. Ma femme pleurait beaucoup. Pendant 25 ans, nous avons vécu sans dignité.
J’espère qu’un jour, les gens connaîtront la vérité. »

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Hawa Dramé

Photographiée à l’extérieur de son ancienne maison où elle a découvert que son père avait été arrêté. Le gouvernement de Sékou Touré a exécuté son père et confisqué la maison.


« Mon père faisait partie des premiers intellectuels guinéens. Il était ministre du
Plan au moment de son arrestation en 1976. Ça s’est passé la nuit. Ces arrestations se passaient toujours la nuit. Quand je suis arrivée le matin, j’ai appris que mon père n’était plus là. Je ne l’ai jamais revu. Des années plus tard, nous avons appris qu’il était mort. C’est une injustice immense. Sékou Touré a confisqué notre maison et tous nos biens. Avant toute réconciliation, nous devons connaître la vérité. Nous ne comprenons pas pourquoi nous sommes toujours dans cette situation. Les autorités savent ce qui s’est passé, mais peut-être
étaient-elles impliquées. Je me sens trahie. Voilà 5 ans que nous sommes en démocratie et rien n’a été fait. Pourquoi ? »

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Amara Touré

Photographié près de son ancienne maison, où il a été blessé par une balle perdue pendant les troubles du 22 janvier 2007.


« Le 22 janvier, je partais prendre une douche quand une balle perdue a traversé le toit et est entrée dans le bas de mon dos. Elle s’est logée dans mon estomac. J’avais entendu des tirs dans le quartier. Mes parents m’ont emmené dans une clinique mais ils ont dit qu’ils ne pouvaient pas m’aider. Il n’y avait pas de lois à ce moment-là. Les militaires tiraient à l’intérieur de l’hôpital de Donka. Je suis resté allongé sur un lit pendant 19 heures avant qu’ils ne m’opèrent. Je ressens toujours des douleurs. Des fois, c’est tellement douloureux que je ne peux pas marcher. Et je ne peux toujours pas beaucoup manger. »

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Thierno Maadjou Sow

Photographié aux portes du stade national où il a été frappé jusqu’à perdre connaissance et a eu sa jambe cassée pendant le massacre du 28 septembre 2009.


« J’ai couru vers la sortie mais les militaires nous ont repoussés. Je suis tombé et les gens m’ont piétiné. Je criais et l’homme derrière moi a essayé de me sortir mais il y avait trop de corps. Ma jambe s’est cassée net. J’ai toujours des cicatrices près du tibia. Un soldat m’a vu et m’a dit de marcher avec ma jambe cassée. Je lui ai dit « je ne peux pas me tenir debout sur ma jambe cassée, tue-moi ! » Le soldat m’a alors frappé avec son arme et j’ai perdu connaissance. Je peux à nouveau marcher mais c’est douloureux. À chaque fois que je pense à ce qui s’est passé, je deviens nerveux. Je ressens parfois des douleurs à la tête. J’en ai tous les jours, ça ne dure pas longtemps, c’est comme des électrochocs. »

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Hadja Rabi Diallo

Photographiée sur le pont depuis lequel son mari a été pendu sur les ordres du président Sékou Touré en 1971.


« Mon mari s’appelait Ousmane Baldé, il était le ministre des finances. Sékou Touré l’a accusé de vouloir prendre le pouvoir. Un jour, des militaires sont venus chez nous et ont annoncé qu’il avait été arrêté. Ensuite, un de nos quatre enfants a entendu à l’école qu’il avait été pendu depuis le pont. Quand nous avons entendu la nouvelle, nous nous sommes mis à pleurer. Ils nous ont mis à la porte de notre maison et ont volé tout ce qu’ils ont trouvé. »

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Demba Soumah

Photographié à l’endroit où il a été touché par une balle perdue pendant les émeutes du 22 janvier 2007.


« Je suis allé au marché chercher ma mère, et nous sommes retournés à la maison ensemble. Je sortais pour aller aux toilettes quand une balle m’a touché dans le dos. Je suis tombé et j’ai perdu connaissance. La Croix Rouge m’a emmené à Donka. Maintenant, ma vision est trouble. Et parfois j’ai des douleurs derrière les yeux, à la tête, et quelquefois tout le long de la colonne vertébrale. À présent, nous voulons que justice soit faite. Il y a trop de victimes en Guinée. »

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Ibrahima Diallo

Photographié au stade national où il a été piétiné en essayant de s’échapper pendant le massacre du 28 septembre 2009.


« J’étais au stade quand ils ont commencé à tirer des gaz lacrymogènes. Les militaires Bérets Rouges sont ensuite arrivés. J’étais dans les tribunes quand ils ont commencé à tirer. J’ai sauté en bas. A l’entrée, les militaires étranglaient des gens à mort. Certains les poignardaient. Un des militaires m’a attrapé par le cou, je suis tombé et me suis fait piétiner. Je ne peux plus rester assis trop longtemps. J’ai des douleurs dans le bas du corps. J’étais tailleur mais je ne peux plus travailler. Ce que je veux c’est que justice soit faite pour les victimes. Il faut trouver les coupables et les juger, pour que ces choses n’arrivent plus jamais dans ce pays. »

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Rouguiatou Kanté

Photographiée à l’extérieur de sa maison à Conakry, où elle a été touchée par une balle perdue en 2007.


« Les militaires tiraient énormément ce jour-là et une balle m’a touchée à la tête. J’étais enceinte mais j’ai perdu le bébé. Je n’ai jamais été de nouveau enceinte. J’éprouve une grande amertume car justice n’a pas été rendue. Et je veux recevoir un dédommagement. »

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Mamaissata Camara

Photographiée (à gauche) à l’extérieur de la maison où elle vivait avec sa soeur Habibatou Camara au moment des événements du 28 septembre 2009, où elles ont été violées au stade national.


« J’ai quitté ma maison sans penser que je serais violée ce jour-là. Je voulais changer mon pays. J’ai vu la mort de très près. Les ONG ont fait beaucoup pour nous. Je veux que justice soit faite parce que beaucoup de victimes sont déjà mortes. »

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Mohammed Lamine Sow

Photographié à l’extérieur du bureau de poste où il était stationné pendant la nuit de la tentative de coup d’État de 1985. Malgré cela, Lamine a été accusé de conspiration pendant le coup d’État, et a été torturé et emprisonné par le gouvernement de Lansana Conté.


« J’étais un des gardes du corps du ministre de la sécurité, Diarra Traoré. Le 4 juillet, nous avons reçu une alerte et avons été déployés aux PTT. Il y avait une tentative de coup d’État. Le jour suivant, le commandant demanda les noms de ceux qui n’étaient pas présents sur la base la nuit d’avant. Il nous a arrêtés.
Deux jours plus tard, ils nous ont envoyé au camp Alpha Yaya Diallo (le principal camp militaire de Conakry), où on nous a menottés, et laissés nus comme des vers, les hommes comme les femmes. Nous avons passé huit jours sans eau ni nourriture. Pendant la nuit, ils nous gardaient attachés et nous arrosaient d’eau. Après huit jours, les interrogations ont commencé. Nous étions suspendus au plafond et ils allumaient un feu en dessous. Ils voulaient que j’avoue avoir pris part au coup d’État. Ils ont brisé ma clavicule quand ils m’ont fait tomber. Je suis resté nu pendant trois mois. Mais j’ai toujours refusé de signer les papiers. Puis, le choléra a frappé. Chaque jour, trois ou quatre personnes mouraient. J’ai été relâché à la suite d’une amnistie le 31 décembre 1987. J’ai été maintenu dans le noir total pendant tellement longtemps que je ne peux plus voir correctement. »

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Amadou Diouldé Barry

Photographié (à droite) à l’endroit où lui et son ami, Thierno Mamadou Baldé, ont été arrêtés puis torturés, le 23 octobre 2010.


« C’était le samedi 23 octobre 2010. Les militaires Bérets Rouges sont arrivés chez moi. J’étais dans ma boutique. Je n’avais pas réalisé que tout le secteur était encerclé. Je pensais que je serais en sécurité à l’intérieur de mon magasin. Un militaire m’a ordonné de sortir et m’a accusé d’être un rebelle. Il n’a pas voulu me laisser fermer mon magasin. Puis il m’a frappé avec son arme. J’ai toujours des cicatrices. Et j’ai encore des douleurs dans la poitrine. Une fois relâché, je ne pouvais même pas me tenir debout, tout mon corps me faisait mal. Chaque fois que je vois un soldat, j’ai peur. Ça a été la pire chose de ma vie. Je me demande encore pour quelle raison cela m’est arrivé. »

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Oumar Sow

Photographié au parking de taxis de Madina, où son frère a été tué par balle par les forces de sécurité en 2007.


« C’était au moment de la grève générale en Guinée. Il a dit qu’il ne serait pas long. Tout d’un coup, un groupe de militaires est arrivé sur le pont au dessus du parking et a commencé à tirer. Mon frère a reçu une balle dans le cou, il est mort. »

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Ousmane Baldé

Photographié avec sa soeur où son grand-père a été pendu par le régime de Sékou Touré en 1971.


« Je n’ai jamais connu mon grand-père [appelé également Ousmane Baldé] et ne connais son visage qu’à travers des photos. Le gouvernement doit s’excuser. C’est leur devoir de raconter aux gens l’histoire de ce pays. »

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Ahmadou Tounkara

Photographié dans la maison où son père a été arrêté et par la suite exécuté par le régime de Sékou Touré.


« Mon père s’appelait Tibou Tounkara, le ministre délégué de la région forestière. À la suite de la tentative de coup d’État menée par les troupes portugaises en 1970, il a été arrêté et exécuté en 1971. À cette période, 17 des 24 ministres ont été arrêtés. Jusqu’en1984, j’ai toujours gardé espoir de revoir mon père. C’était très dur pour nous de ne pas savoir. Avant de parler de réconciliation nous avons besoin de connaître la vérité. La Guinée est un pays triste. Les gens se regardent comme des étrangers. »

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Mariama Thiouto Bah

Photographiée au stade national où elle a été attaquée avec une barre en fer par les forces de sécurité et a eu sa main cassée, le 28 septembre 2009.


« Deux policiers m’ont frappée avec une barre en fer et m’ont blessée à la main. Après cela, j’ai été voir un docteur pour recevoir un traitement, mais mon mari a su que j’avais été au stade, et il m’a abandonnée. Ce jour-là ma vie a été détruite. »

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Idiatou Baldé

Photographiée sur la terrasse du stade national où elle a eu une jambe cassée par des militaires le 28 septembre 2009.


« J’ai été brutalisée par les militaires et ils m’ont cassé la jambe gauche. Depuis ce jour, je suis traumatisée et j’ai peur des rassemblements. Des fois, je pense à me venger. J’espère que justice sera faite pour que la Guinée ne revive jamais une telle situation. »

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Moriba Haba

Photographié à l’extérieur des PTT où il était stationné pendant la nuit de la tentative de coup d’État de 1985. Moriba a néanmoins été accusé de conspiration durant le coup d’État, a été torturé et emprisonné par le gouvernement de Lansana Conté.


« J’étais aux PTT quand la tentative de coup d’État a eu lieu. Mais ils m’ont arrêté quand même. Ils nous ont frappés avec leurs ceintures. Pendant un mois, nous n’avions qu’un repas par jour. Nous étions tous nus, hommes et femmes. Nous étions attachés si serrés et pendant si longtemps que ma jambe droite est abîmée pour toujours. Nous étions entravés par terre vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Je me sens trahi. Même mes enfants m’ont accusé de faire partie du coup d’État. Encore aujourd’hui, personne ne connaît la vérité. »

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Aissatou Lamarana Barry

Photographiée à l’extérieur du stade national où elle a été violée par des membres des forces de sécurité le 28 septembre 2009.


« J’ai été violée derrière le stade. Depuis ce jour, ma vie n’a plus de sens. J’allaitais et mon mari m’a abandonnée. Mes enfants ne peuvent pas aller à l’école et je ne peux pas payer mon loyer. »

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Mohamed Lamine Keita

Photographié à l’extérieur de son ancienne demeure, confisquée par l’État après qu’il ait été accusé de faire partie de la tentative de coup d’État de 1985.


« On m’a envoyé contrôler ceux qui étaient responsables du coup d’État mais par la suite, on m’a accusé d’en faire partie. Mes bras et mes jambes portent des cicatrices car j’ai été suspendu pendant très longtemps. Ils m’ont laissé tomber par terre et ont cassé toutes mes dents de devant. J’ai aussi des problèmes de vue, après être resté si longtemps dans le noir. La vie était différente après ça. La police a pris tous mes biens et m’a banni de la capitale.»

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Oumou Barry

Photographiée aux portes du stade où elle a été attaquée en s’enfuyant du massacre, le 28 septembre 2009.


« J’ai été frappée avec la crosse d’un fusil et tabassée alors que j’essayais de m’enfuir du stade. J’ai eu l’épaule cassée et les docteurs ont dû opérer ma main. Je ressens toujours des douleurs. On m’a forcée à me déshabiller complètement. Ils voulaient me violer mais l’un des gendarmes les en a empêchés. Régulièrement pendant mon sommeil, je me réveille à cause des cauchemars. »

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Mamadou Bilal Guissé

Photographié à l’endroit où il a été arrêté et par la suite torturé le 23 octobre 2010.


« J’ai été arrêté en 2010 par les gardes du président Sékouba Konaté. Je travaillais au magasin quand les militaires sont arrivés en poursuivant Aliou Barry, l’ancien président de l’Observatoire National des Droits de l’Homme (ONDH). Ils m’ont emmené dans un camion avec d’autres personnes et m’ont envoyé à l’escadron mobile de Hamdallaye, où j’ai été torturé par les gendarmes. Je ressens une grande amertume parce que mes droits n’ont toujours pas été restaurés. J’espère que la justice sera de mon côté. »

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Mamadou Taslima Diallo

Photographié à l’entrée du stade national où il a été frappé par la police le 28 septembre 2009.


« Ils m’ont frappé à la tête et il a fallu cinq jours avant que je puisse entendre de nouveau de l’oreille droite. Je suis très en colère que justice ne soit pas faite et que les coupables soient libres. »

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Thierno Hamidou Sow

Photographié à l’extérieur de son ancienne maison où il a été frappé par la police jusqu’à perdre connaissance, durant la grève de 2007.


« Le 22 janvier, j’étais assis avec mes amis à l’extérieur de ma maison de Tanéné Marché. Nous avons vu arriver des militaires dans un pick-up. Nous nous sommes mis à courir et nous nous sommes séparés. Les premiers arrivés dans la maison se sont enfermés à clé. Je suis resté coincé dehors. J’ai essayé d’escalader le portail mais les policiers m’ont attrapé. Ils ont commencé à me frapper et à m’insulter. Ils disaient : « Tu es un de ces grévistes. Tu ne veux pas de nous au pouvoir ». Ce jour-là était le plus dangereux. Il n’y avait pas d’hôpitaux. Pas de voitures dans les rues. Ils m’ont frappé avec les crosses de leurs fusils. J’avais mal partout mais surtout
à la tête. J’ai perdu connaissance donc je ne sais pas ce qu’ils m’ont fait. Depuis ce jour, chaque fois que je vois un soldat je me sens nerveux. J’ai toujours des douleurs à la main et à l’avant-bras. Je crois que ce sont eux les ennemis. Et les mêmes personnes sont au pouvoir. Il n’y aucune volonté de justice. Je me sens abandonné par mon pays. »

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Oumou Kaba

Photographiée dans la maison où elle habite avec ses enfants depuis qu’elle a été abandonnée par son mari après, après qu’il eut appris qu’elle avait été violée au stade national le 28 septembre 2009.


« Je ne peux pas dire beaucoup de choses sur cette date. Ce que je sais, c’est que ma vie a basculé. Je ne suis pas en bonne santé et je suis responsable de mes enfants. Je veux que justice soit faite et que la vérité soit révélée au grand jour. »

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Anonymous

Photographiée au stade national, où elle retournait pour la première fois depuis son arrestation par les forces de sécurité le 28 septembre 2009.


« J’étais au stade le 28 septembre. Les militaires m’ont arrêtée et m’ont envoyée au camp Alpha Yaya Diallo (le principal camp militaire de Conakry), où j’ai été maltraitée pendant 24 heures avec d’autres jeunes femmes. Je veux que justice soit rendue car l’impunité des militaires en Guinée continue et l’État ne garantit pas la sécurité des citoyens. »